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07/02/2010

LE SEL MARIN (2)

SALINS AUDE.jpgEn 1546, Peccais gagne un voisin : le salin de Saint Jean, construit par les Chevaliers de l'Ordre de Saint Jean. L'enclos de Peccais comprend dix sept salins à la fin du XVIIème siècle.

Leur essor est favorisé par l'accroissement de la consommation du sel que connaît la France au XVIIIème siècle et pour deux siècles encore. Le sel de Peccais alimente le Bas-Languedoc, l'Auvergne, le Rouergue, le Lyonnais, la Bourgogne et la Bresse. Il s'exporte vers la Savoie et la Suisse. Avant 1790, Aigues Mortes et Peyriac dans l'Aude sont les points de départ languedociens des expéditions de sel par terre. La route du sel mène au Rouergue d'où le voiturier redescend des toiles achetées aux foires de Monnastier et Najac. Elles servent à confectionner les sacs de sel. Lyon et Toulouse sont également desservies.

A la même époque, l'accès au Port d'Aigues-Mortes est amélioré. Trois cents bateaux sont recensés en 1848. Ils arrivent d'Espagne chargés de poissons salés, de liège, de bonbons, de fruits et de légumes ou des Baléares avec des oranges et des citrons. Naples envoie des futailles, Gênes de l'huile d'olive. Les navires repartent avec des verreries et poteries de grès cévenoles, des tissus de Nimes et du sel de Peccais destiné surtout aux ports méditerranéens.

04/02/2010

LE SEL MARIN (1)

L'homme ne peut pas vivre sans sel. Celui-ci fait partie de ses besoins alimentaires et de ceux du bétail. Il a appris depuis la nuit des temps à l'utiliser pour conserver les aliments et tanner les peaux.

Le sel a pris très tôt une importance capitale dans les échanges commerciaux. Indispensable, il devint la manne de l'Etat qui le taxa longtemps et la proie des pirates, bandits et contrebandiers. Sel, soleil et salins, tout était en place pour faire du littoral du Languedoc-Roussillon un espace salinier d'exception.

salins de peccais.jpgLes salins gardois de Peccais, tout près d'Aigues Mortes, sont les plus anciens salins de la Méditerranée. Ils datent officiellement de Charlemagne. En fait, ils sont probablement d'origine romaine. Leur nom serait l'héritage d'un "ingénieur" romain, Peccius, chargé d'organiser la production de sel au début de l'ère chrétienne. Entre le IXème et le XIIème siècle, les salins de Peccais jouent un rôle important dans les échanges avec Asti, Pise, Gênes, Nice, la Sicile ou Venise.

Le sel est surtout utilisé pour conserver les aliments, en particulier le poisson.

Au XIIème siècle, les salins appartiennent aux moines de Psalmody et aux seigneurs d'Uzès et d'Aimargues. Le territoire d'Aigues Mortes est cédé à Saint-Louis en 1248. Le port est le point de départ des Croisades. Les moines de Psalmody construisent alors le salin de l'Abbé.

En 1284, ils s'entendent avec le Seigneur d'Uzès pour établir des mesures communes. Les choses se compliquent bientôt : les seigneurs d'Uzès inféodent les salins à divers personnages avant de les échanger à Philippe le Bel contre les châteaux et villages de Pouzilhac et de Saint- Martin-de-Jonquières ainsi que la baronnie de Remoulins.