15.11.2009
VILLENEUVE LES AVIGNON N° 5
Les livrées cardinalices
Elles sont groupées dans la ville neuve aux rues droites aboutissant à une place centrale où se trouvaient l'église et le marché et où fleurissent aujourd'hui les terrasses des cafés. Elles témoignent du grand enrichissement de VILLENEUVE, alors entraînée dans le sillage de l'évènement que représente l'arrivée du pape et de sa cour. La papauté va jouer un rôle de catalyseur dans un processus de création qui fait d'AVIGNON un remarquable foyer de vie artistique où se côtoient des artistes de diverses nationalités. On en trouve le prolongement dans ces vastes demeures accordées aux prélats.
Le Cardinal Arnaud de Via transforma la sienne en collégiale. La Collégiale Notre-Dame (1334) profite de fortifications qui n'en font pour autant pas un fortin, mais qui la rendent légèrement insolite en pleine ville. On dit que le roi participe à la création de son chapitre de chanoines. Le cloître, placé latéralement, faisait partie de l'ancienne livrée. L'église, nef unique flanquée de chapelles latérales aménagées dans les contreforts, est un des premiers exemples du type en Languedoc et en Provence. Elle contient beaucoup de vestiges de la mémoire de Villenuve, des objets déplacés provenant de l'abbaye Saint André ou de la Chartreuse.
Il est curieux de constater qu'au moment où une imposante population curiale trouve sa résidence en ville, la royauté, elle, fait édifier les fortifications de la tour Philippe le Bel et du Fort Saint André.
Par l'ensemble de ses trésors, Villeneuve est un lieu de visite pour lequel on peut se passionner. Et ce n'est pas nouveau puisque les administrateurs municipaux, déjà en 1800, déclaraient que le "peuple y était singulièrement attaché" (Alain Girard dans son livre sur le musée de Villeneuve).
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15.10.2009
VILLENEUVE LES AVIGNON - 4
En 1292, à l'occasion du renouvellement du traité de pariage, le Roi Philippe Le Bel favorise à coups de grands privilèges la création d'une ville neuve en contrebas de l'abbaye Saint André, désirant ainsi créer un afflux de population. Conçue dans une optique défensive, face à Avignon qui est aux comtes de Provence, une avancée protégée sous forme de forteresse tient l'autre tête du célèbre Pont Bénézet. De ce que l'on pourrait appeler un poste frontière, il ne nous reste que la tour portant maintenant le nom du roi.
Au siècle suivant, Avignon devient la capitale de la Chrétienté. En 1309, l'installation des papes dans la ville va valoir à Villeneuve un destin extraordinaire. Cette dernière va en fait profiter du luxe inouï dans lequel vivaient les pontifes et les grands prélats. Si Avignon est la cité des papes, Villeneuve va devenir celle des cardinaux qui n'hésitent pas à franchir le Rhône en quête de résidence, car on est un peu à l'étroit dans Avignon pour loger les hauts dignitaires. Et puis on y étouffe derrière ses remparts. Alors le cadre enchanteur de Villeneuve ! On leur attribue, on leur livre (d'où le nom de livrées) de vastes demeures ou des groupes de maisons qu'ils transforment en de somptueux palais. On émet aussi l'idée que le mot dérivant du latin puisse signifier libéré, désignant ainsi les maisons libérées à l'usage des hauts fonctionnaires de la curie. L'une d'entre elles, ayant appartenu à Innocent VI du temps où il était cardinal, deviendra du temps de son pontificat la célèbre Chartreuse.
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VILLENEUVE LES AVIGNON - 3
Le début du commencement c'est sur la colline dominant le Rhône et dont les pentes furent jadis couvertes d'oliviers. Ce lieu est donc fréquenté dès la préhistoire et devient lieu de culte à l'époque romaine. Et comme l'endroit est décidément inspiré, il abrite divers ermitages, dont celui de Casarie qui sera gardé au Xème siècle par des bénédictins. Leur capacité de travail n'étant pas que légendaire, leur nouvelle abbaye s'impose rapidement : le monastère, prenant le nom de Saint André, devient l'un des plus puissants du Languedoc et de Provence. Aujourd'hui, la chapelle romane, qui fut église paroissiale, Notre Dame de Belvezeth la bien nommée, dépassant de la folle avoine, se tient sur la partie la plus élevée, à l'ouest du plateau.
Sous la tutelle d'Avignon, alors en terre étrangère, l'abbé de Saint André fait jouer les aléas de l'histoire, se rangeant du côté du Roi de France, à l'occasion de la révolte avignonnaise de 1226 contre ce dernier, Louis VIII et l'abbé. Le Roi de France devient co-seigneur des lieux et le restera jusqu'à la révolution. La monarchie capétienne, cherchant toujours à renforcer son pouvoir, tire ici
partie de la situation stratégiquement et politiquement. Dans la foulée, l'abbaye devient royale et ces confins du royaume s'enrichissent d'une forteresse abritant garnison. Un fort à l'aspect dominant est décidé en 1292. Il faudra quatre-vingt ans pour l'achever vers 1372. De formidable constitution, les tours jumelles flanquent un portail gothique, sans doute cadeau de Jean Le Bon, fréquemment hôte des lieux.
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19.07.2009
AGENDA
Jeudi 6 août, JOURNEE 40 ANS du LAC.
"Fêter le Salagou", avec feux d'artifice. Lac du Salagou, à côté de Clermont l'Hérault.
La mise en eau de la vallée a donné naissance au Lac du Salagou. En 1969, lentement, l'eau a recouvert 750 hectares, englouti des routes, des mas isolés, des ponts et le château de Celles. Ces aménagements ont transformé le paysage aride en milieu aquatique, déplacé des populations, bouleversé des modes de vie.
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SAINT MARTIN DE LONDRES (Au Pic St Loup)
A quelques kilomètres du pic montpelliérain se cache un village médiéval au charme incontestable.
Une place ombragée par des platanes centenaires accueille quelques terrasses autour d'une fontaine bienfaisante.
Il y a tant de choses à voir à Saint Martin de Londres : en levant les yeux, la Tour de l'Horloge se dresse et veille. Corps de garde puis prison, sa cloche égraine doucement les heures.
Dans les ruelles typiques, on peut admirer l'architecture traditionnelle de maisonnettes aux volets colorés et aux balcons fleuris.
Au détour d'un proche, elle se dresse majestueuse et imposante : l'église romane. Lovée dans un enclos fortifié, elle occupe le centre d'une placette entourée de maisons anciennes et de passages voûtés. Elle serait l'oeuvre des moines de l'abbaye de Gellone et aurait été destinée à accueillir un fragment de "la vraie croix" qui n'est jamais arrivée jusqu'à son écrin. Mais on dit aussi qu'elle serait une maquette de cette même abbaye. De nombreux mystères jalonnent ce haut lieu de la spiritualité à visiter impérativement.

Dans cette magnifique vallée, d'autres villages portent le nom de Londres : Saint Martin, Notre-Dame, et Mas-de-Londres. Cette appelation n'est pas une référence à la capitale britannique mais vient du celte : "lund", le marais, qui a donné "loundro", les eaux croupissantes.
Le château féodal de Notre-Dame-de-Londres et les ruelles typiques du Mas-de-Londres complèteront agréablement cette visite au pays de la douceur de vivre.
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06.06.2009
LES CAPITELLES (par Max Rouquette)
Les capitelles, ce sont d'étranges constructions réparties inégalement sur le territoire du Languedoc-Roussillon. Elles ignorent les règlements municipaux, départementaux ou nationaux portant sur la construction de tous bâtiments. Certaines sont isolées au milieu de ce qui fut un champ, devenu friche.
Il en est d'autres, plus secrètes, seulement décelables à la forme de leur sommet, en ogive, par dessus d'immenses murailles faites de l'amoncellement des pierres tirées de terres trop pierreuses où s'usaient vite les charrues. A l'intérieur, on a l'impression d'entrer dans une cave ou le couloir d'accès d'une pyramide égyptienne. On s'y sent à la fois protégé et aussi menacé.
On peut s'y asseoir comme d'autres à travers les temps l'ont fait avant nous, chasseurs, errants, en quête d'abri contre la pluie, ou le vent glacé de l'hiver.
Nous pouvons admirer sur la terre rouge des rufes du Lodévois quelques admirables chefs d'oeuvre de ces constructions pastorales. Il en est qui, des mains de bâtisseurs n'ayant certainement jamais vu ni entendu parler des "zigguraths" mésopotamiens, n'en ont pas moins rejoint leurs géniales spirales permettant, sinon de gagner le ciel, du moins de s'en approcher. Ces spirales qui, telles des turbans, sont la coiffure de nos belles capitelles, tremplin encore pour l'imaginaire. Il faut sauvegarder ces petits monuments si riches du mystère des hommes que nous n'avons jamais connus, et que, peut être sans le savoir, ils nous ont laissé comme tremplins à notre imaginaire pour faire sauter de temps à autre le couvercle de marmite du quotidien.


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24.05.2009
LE PAYS DE GARGANTUA
Comme partout, Gargantua a laissé quelques traces de son passage sur le causse de BLANDAS.
Ainsi, depuis le Saint GUIRAL, il se serait amusé à lancer quelques grosses pierres que l'on retrouve au nombre des mégalithes et roches de formes curieuses qui parsèment le pays.
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09.05.2009
LE CAUSSE DE BLANDAS
Du haut de ses 1366 mètres, le Saint Guiral, petit frère de l'Aigoual, domine Alzon où la Vis roule encore ses eaux avant de jouer les cachottières... Puis au-dessous, tout change. Le Causse de Blandas ouvre là son rigoureux domaine. Mais qui donc vous dit qu'il ne possède pas aussi ses charmes...
Pour rendre très naturelles et faciles les choses, laissons à la Vis le soin de cerner le Causse de Blandas. La Vis, c'est cette rivière qui naît dans le Saint Guiral. Si l'on en croit la légende, le Saint Guiral, le Pic Saint Loup et le Roc de Nant furent choisis comme lieux du dernier hermitage par les trois frères d'Esparon amoureux de la belle Irène, la châtelaine de Rogues.
Au sud d'Alzon, la Vis a donc le causse du Larzac à sa droite et celui de Blandas sur son autre rive. Puis à Vissec, alors qu'elle n'est plus qu'un blanc serpent de cailloux tout au fond de son canyon, elle oblique à gauche vers Navacelles avant de remonter vers le Massif du Saint Bresson. C'est alors qu'elle sert de frontière à la Montagne de la Seranne et qu'ayant retrouvé ses eaux, elle scintille au fond de ses sauvages gorges.
Avec au nord l'Arre qui s'en va chatoyer sous le pont de Vigan, voilà défini le périmètre du causse de Blandas.
A Alzon, la Vis flirte avec d'étroits jardins où le dahlia et la raïolette cohabitent sous quelques vieux pommiers à reinettes. Plus bas, le pont du Saurel la voit toujours sous ses arches et cela depuis le douzième siècle. Au lieu-dit Le Moulin de Larcy, l'eau se perd et continue son cours sous la terre, dans un mystérieux et important réseau de fissures que les savants nomment des diaclases.
C'est auprès d'un autre moulin ruiné, le moulin de la Foux, que la Vis retrouve son cours de surface pour aussitôt rafraîchir le fond vert de l'écrin du cirque de Navacelles. Mais, entre temps, du côté de Vissec, la Virenque est venu la rejoindre. Nées du même massif et tout aussi cachottières depuis Sauclières, ses eaux retrouvent pareillement le soleil au moulin de la Foux. Le sable de son lit asséché recèle des paillettes d'or...
Plateau d'une dizaine de milliers d'hectares, le causse de Blandas n'est qu'une partie du Larzac. Mais comme dans du gâteau, la lente érosion de la Vis l'a littéralement tranché dans le calcaire tendre, perméable et fissuré. Le blanc des zones ingrates le caractérise sur les cartes et l'impression d'âpreté, de sauvagerie et de vide est permanente au milieu de sa végétation rase et rousse. Ici, le buis, l'églantier ou le poirier sauvage font figures de géants au milieu de la pierraille, que celle-ci soit éboulis bleuté, moignon affleurant, pan de massif ou encore clapas et murs lentement édifiés avec le roc extrait lors de la mise en culture.
L'homme a élu domicile sur le causse depuis des millénaires et maints vestiges l'attestent. Le nombre de dolmens, menhirs et cromlechs est surprenant sur un site aussi peu étendu. L'ensemble de pierres levées de Peyrarines ou celui de Mercouline, près de la Rigalderie sont là depuis quatre mille ans ou plus... A Rogues, l'oppidum témoigne toujours, tout comme les menhirs de la Trivale ou, plus haut, celui d'Avernat, du côté du Quintanel. Mais avec la sédentarisation, l'agriculture et l'élevage, voilà environ sept millénaires, l'homme a profondément modifié ce pays. La déforestation, l'écobuage, le pâturage intensif ont eu raison de la forêt initiale où le chêne, le frêne et le hêtre se taillaient la part belle auprès de quelques résineux. L'érosion a fait le reste et la flore a vu progresser d'autres espèces.
L'homme n'a pourtant pas délaissé le plateau et s'est agrippé plutôt qu'épaulé à une économie basée sur l'élevage et la production étriquée de quelques légumineuses dans les dolines et autres dépressions relativement généreuses. Cela a duré pratiquement jusqu'au milieu du XXème siècle, tandis que de petits artisanats et industries venaient apporter de supplémentaires subsides : travail du bois de buis, ceuillette de plantes médicinales, travaux de bonneterie à domicile...

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02.05.2009
LES CHEVRES DE CAMPIS
Campis, village ou plutôt hameau haut perché, accroché à flanc de vallon, quelle est donc ton histoire ?
Quelques cerisiers se découvrent parmi les arbres les plus caractéristiques des Cévennes. Campis a connu des époques sans doute plus fastes et les massives maisons nous le disent. Une centaine d'âmes vivaient là jadis. Puis on est tombé à 20, à 10, à 3 habitants.
Aujourd'hui, avec 7 familles on est en pleine augmentation. On y compte même des anglais.
Il existait jadis de nombreuses races de chèvres dont une souche locale cévenole aujourd'hui disparue.
Le canton du Vigan compte aujourd'hui une vingtaine d'éleveurs de caprins. Mais la moyenne d'un troupeau est de 40 bêtes. Au printemps, les chèvres sont dans les prés, profitant de la pousse d'herbe, puis lorsque arrive la saison plus sèche, vers mai-juin, elle vont brouter dans les bois et les broussailles qu'elles affectionnent particulièrement. Avec juillet-août, vient le moment le plus difficile pour les nourrir, mais c'est ensuite la repousse d'herbe automnale et, dans les bois, la présence des glands et des châtaignes. Puis, en novembre-décembre intervient le tarissement et les mises à bas se font en janvier. Alors les chèvres ne sortent plus. Les chevreaux, nourris sous la mère, sont vendus lorsqu'ils atteignent environ 10 kg tandis que certaines chevrettes restent pour le renouvellement des troupeaux. C'est surtout la gestion des ressources qu'offre le terroir et qui sont différentes d'une saison à l'autre et qui est le vrai savoir-faire. Tous les éleveurs transforment et vendent eux-mêmes leur production, ce qui leur vaut le titre de "producteurs-fermiers". Le pélardon est commercialisé en circuit court, surtout sur la région méditerranéenne, mais aussi sur Lyon, Paris, Toulouse, chez les crémiers. Désormais, l'élevage caprin est reconnu comme un secteur économique important, mais qui doit rester sur des exploitations à caractère humain. Le travail spécifique de la laiterie fromagerie qui s'articule autour de 2 traites quotidiennes vient bien sûr de l'artisanat, malgré l'équipement digne d'un laboratoire. Les fromages sont moulés à la louche, sans pré égouttage, puis sont séchés et affinés dans des installations modernes avec de rigoureuses conditions d'hygiène. Une centaine de chèvres, cela représente un total annuel de 80 000 de ces petits fromages qui ont un attrait peu commun pour le gastronome. Ils sont appréciés mi-secs, crémeux, secs ou encore affinés.
Retournons avec les chèvres. Elles accompagnent l'homme depuis très longtemps et, si l'on veut faire une comparaison, on peut dire que si le mouton est obéissant et en ce sens proche du chien, la chèvre est espiègle, capricieuse et indépendante, elle tient plutôt du chat. Elles sont aussi très exigeantes en affection et ont vraiment besoin de la présence de l'homme. Certaines ont des noms à l'appel duquel elles réagissent. Grâce à elles, un pays retrouve une âme et une activité qui s'étaient peu à peu effacées. Les producteurs fermiers sont désormais considérés comme des acteurs importants dans l'aménagement du territoire.
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19.04.2009
LA LEGENDE DU ROCHER
Il existe au Vigan un lieu-dit "Le Rocher de la Mère" dont le nom est lié à une émouvante histoire.
Napoléon avait alors sans cesse besoin de soldats et une bonne vieille du Vigan, la mère Bourdier, avait eu deux fils tués dans ses campagnes. Son dernier, Henri, sur qui elle avait reporté toute son affection, d'abord exempté à cause de sa petite taille, dut partir aussi en 1813.
Vaillant, héroïque même, il obtint de l'empereur son congé et avertit aussitôt sa mère de son retour, lui donnant rendez-vous près du rocher où ils s'étaient séparés.
Hélas, le soldat fut tué avant son départ et sa mère, n'en sachant rien, allait chaque jour l'attendre en vain. Jusqu'au jour où on la trouva sans vie près du fameux rocher...
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