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27/06/2008

LE CHATEAU DE PORTES

château de portes.jpgLe fier château de Portes se voit de loin, campé là-haut sur son col, il surveille les Cévennes. Aux alentours, s'étendait la forêt de Régordane ainsi nommée dans des textes du XIè siècle. Construit sur 'un grand lieu de passage" à la croisée du chemin de Régordane et de la draille de Provence, le châtelain percevait péage.

Le château présente deux parties distinctes construites entre le 12è et le 16è siècle. La plus ancienne s'organise autour d'une cour intérieure flanquée de deux tours rondes. La partie moderne, unique en son genre, est taillée comme la proue d'un navire.

Telle la nacelle de la vigie une échanguette surplombe l'étrave de ce vaisseau. L'église de Portes est placée sous le vocable de Saint Gilles qui, dit-on, y fit de grands miracles lors de son mythique voyage à Orléans.

Malheureusement, l'ensemble du site a connu de grands dommages lorsque vers 1920 les mines qui sapent la montagne environnante provoquèrent des affaissements de terrain.

Le château ébranlé dans ses fondations se fissure de toute part en de profondes lézardes. En outre le village et l'église, bâtis au pied du château sur l'actuel parking, furent totalement détruits. Un morne village ouvrier fut ensuite reconstruit en aval du col.

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24/06/2008

LA REGORDANE, chemin muletier et voie royale

chemin regordane.jpgLe temps passe et les guerres successives dévient les voyageurs vers d'autres itinéraires. Faute d'être entretenu, le chemin de Régordane périclite durant quelques siècles. Il faut attendre le 17è siècle et les grandes politiques d'amélioration du réseau routier du royaume pour que la Régordane soit remise à l'honneur. En 1668, l'Intendant du Languedoc commande à Mr de Froidour, grand maître des Eaux et Forêts, une étude complète sur l'opportunité de réaménager ce chemin. Mr de Froidour consigne précisément les travaux nécessaires à l'amélioration de la route afin de permettre à toute sorte de marchandises de soyes, laine et coton, bleds, vins, savons, huiles, oranges, figues, raisins, marrons, miel et autres denrées comme aussi les sels de transiter du Languedoc vers le nord. Ainsi fut fait aux 17è et 18è siècles : des rampes aux larges virages atténuent les pentes, des callades renforcent la chaussée, des ponts enjambent les cours d'eau. Mais à cause des conditions climatiques rigoureuses, il faut entretenir constamment le chemin ... et il semble que ce ne soit pas toujours fait, car dès 1752 l'Inspecteur des Ponts et Chaussées assure que les chemins de montagne sont de mauvaises sentes muletières où il est nécessaire de briser les charges, de multiplier les transbordements en ballots pour les rendre plus aisés à porter aux bêtes de somme. Il ajoute même qu'il faut emporter huiles et eaux de vie dans des outres qui crèvent par l'usage et même contre les murailles et encore aux portes des écuries ou lorsque les mulets tombent sur la glace. En raison des contraintes géographiques, d'autres routes plus longues mais moins pénibles, par le Rouergue ou le Vivarais, sont alors préférées à notre antique chemin de Régordane.

Pourtant de nos jours la Régordane subsiste encore, parfois sous le goudron de la route actuelle ou à l'état sauvage sous quelques landes ou maquis, ou bien alors dégagée par des chantiers de restauration. Commémoré aux rues des villages, le chemin de Régordane constitue aujourd'hui un lieu de mémoire bien vivant attaché à l'idée de tolérance et contribue à développer le tourisme et le patrimoine culturel des pays qu'il sillonne. 

En photo, le Château de Portes surveille les Cévennes.

23/06/2008

LA REGORDANE

REGORDANE.jpgRégordane est le nom d'une ancienne route qui, à travers le Massif Central, relie la Méditerranée aux provinces d'Auvergne.

De la Camargue au Pays Vellave, le chemin de Régordane joint entre eux Garrigues, Cévennes et Gévaudan et tel un chapelet égraine du Puy jusqu'à Saint Gilles ses villes et ses hameaux dont les noms évoquent parfoir les us des voyageurs d'autrefois.

Son origine et son nom, perdus dans la nuit des temps, donnent lieu à de savantes hypothèses. On sait que le nom du chemin est lié à son tronçon cévenol entre Alès et Luc : Régordane évoque la voie des eaux qui s'acheminent de gourgs en gorges vers la plaine. On raconte aussi qu'en période estivale les lits asséchés des cours d'eau servaient eux-même de route.

Au gré de la faille géologique de Villefort, les troupeaux en transhumance ont emprunté depuis des temps immémoriaux cette brèche naturelle ouverte dans les montagnes. Est-ce à l'époque romaine que les premiers travaux ont été entrepris pour en faire une voie carrossable ?  Au 17 ème siècle, une tradition orale l'affirmait. Pourtant aucun vestige archéologique probant ne confirme cette hypothèse.

C'est au 11è et 12è siècles que l'itinere regordane connaît son heure de gloire, alors que les foules de pélerins se transportent jusqu'à Saint Gilles, de lieux saints en Terre Sainte. La fréquentation de ce chemin romieu est telle que seigneurs et évèques édifient en des points stratégiques des octrois défendus par des places fortes. Ils perçoivent alors de lucratives taxes sur les droits de passage en échange de leur protection contre les bandits de grands chemins. L'importance économique de la Régordane justifie alors des aménagements facilitant le passage des charrois. En ces temps de grandes affluences, la vie quotidienne s'organise le long de la route. Afin d'assurer gîte et couvert aux voyageurs, outre les nombreuses auberges, le chemin de Saint Gilles est jalonné de maladreries. Ces hospices, toujours situés en rase campagne ou aux faubourgs des villes, pourvoient au repos du corps et de l'âme des "pauvres passants". Sur les dizaines de maladreries que comptait le Chemin de Régordane, il ne subsiste aujourd'hui que celle de Pradelles. Parfois, le souvenir de quelques autres est transmis aux noms de lieux que nous rencontrons au gré de nos pérégrinations : la Maladrière près de Vézenobres, la Malautière à Génolhac...