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20/07/2008

LA CHARTREUSE DE VALBONNE

Valbonne.jpgLe fondateur de l'ordre des Chartreux, Saint Bruno, souhaitait que les moines puisent aux sources de la solitude les forces de prière, d'étude et de méditation. En février 1204, l'ordre obtient de Guillaume de Vénéjan, évêque d'Uzès la vallée qu'ils assainissent, rendent cultivable et qui prendra ainsi le nom de Valbonne (Vallis Bona : la vallée fertile). Un lieu parfaitement représentatif de la règle et dont l'existence va être liée à l'aménagement de l'espace. Les moines chantaient trois fois par jour et leurs voix, à ces seules occasions réunies et tolérées, s'élèvaient nues, supportées par une architecture conçue pour prolonger le moindre souffle. Sous l'égide de Saint Bruno et Saint Jean Baptiste, avec ses treilles cernant les portes voûtées, d'allure provençale, la cour d'honneur est bordée des anciennes cellules des frères, des chambres récentes du secteur de l'hôtellerie et des appartements de l'évêque. L'endroit semblé voué aux soirs d'été, à l'éclosion des voix chaudes, aux langueurs du flamenco, aux rythmes les plus entraînants. Des pilastres soulignent dans une façade à deux étages l'entrée de l'église. En retrait, à l'intérieur, vous pénétrez dans la chapelle des étrangers, les pélerins voyageurs pérégrinant par ces lieux. Le coeur de l'église conventuelle à pans coupés est recouvert de marbre et la voûte qui le recouvre est un pur chef-d'oeuvre d'assemblage. Les stalles des pères chartreux autorisent une halte avant de rejoindre les cloîtres et le réfectoire des pères. Par l'ancien chapitre transformé en passage et dans son prolongement la voûte en coupole aplatie y est admirable. Dans l'escalier à double volée qui mène aux cloîtres s'enroulent dans l'aigu les volutes d'une viole de gambe. Quelques mesures encore pour arriver au silence du grand cloître à sa longue galerie éclairée de grandes baies.

Malgré les vicissitudes de l'histoire, le temps ne semble pas avoir de prise sur la Chartreuse peut être parce qu'elles qu'en soient les activités elle se veut toujours un lieu d'accueil et d'écoute, un partage d'expérience. En 1901 les derniers ermites s'en sont allés. La Chartreuse s'est alors ouverte au monde par la grâce d'un homme, Philadelphe DELORD, un pasteur à l'existence toute empreinte de dévouement et de compassion. Valbonne devient alors pour un temps un centre de traitement de la lèpre puis l'Association de Secours aux victimes des maladies tropicales développe un lieu remarquable de soins. Dans les années 60, les malades quittent Valbonne et l'association se réoriente alors vers le secteur psychiatrique. Depuis, 1975 ateliers professionnels, d'apprentissage et de loisirs se donnent pour but l'intégration socioprofessionnelle de la personne. Actuellement, l'association gestionnaire des lieux peut se targuer d'avoir réussi à tisser un nombre impressionnant de liens entre insertion, tourisme et culture. La capacité hôtelière de treize chambres va s'augmenter de nouvelles réfections des cellules des frères ainsi que des appartements de l'évêque en chambres plus cossues. Des salles de travail vont voir le jour. Elles abriterons les artistes en résidence ou les séminaires de travail.

16/07/2008

LA GROTTE DES DEMOISELLES

grottes demoiselle.jpgDepuis son ouverture au public en 1931, la Grotte des Demoiselles a vu défiler un nombre incalculable de visiteurs.

Au-dessus de Saint Bauzille-de-Putois la jolie route monte en lacets au flanc de la montagne de Thaurac. C'est là qu'il y a bien longtemps les petits pâtres de Montoulieu ou de Ferrières se racontaient des histoires de moutons disparus dans les profondeurs de la terre, emportés par des fées sans doute très belles mais pas très avenantes. Certains disaient les avoir vu danser par les nuits sans lune sur les espaces parsemés d'avens, de grottes et autres cavités assez peu engageantes.

Aujourd'hui il n'est plus de maléfices, plus de mystère, plus d'appréhension. Tout vous engage à la découverte des réseaux souterrains qui effrayaient tant les bergers.

Un nouveau pavillon d'accueil, sachant allier le contemporain et le classique, s'inscrit dans l'imposante falaise où jadis fut creusé le tunnel d'accès. Colonnes, arcades, portiques et dallages se veulent être la transition entre les terrasses où plus de 160 espèces de la flore méditerranéenne sont représentées et l'entrée du monde des profondeurs.

 

Il y a en effet à cet endroit précis le parfait trait d'union entre le Sud solaire et brûlant et la richesse du sous-sol du Languedoc-Roussillon, région qui offre le plus important réseau souterrain aménagé de France. Le panorama qui s'ouvre sur la garrigue, le nord montpelliérain et dévoile la vallée de l'Hérault, vous fera sans doute retarder encore le moment de franchir la frontière de l'ombre. Il faut suivre le guide.

Pour rejoindre en toute sécurité et sans effort les lieux explorés en 1889 par E. A. Martel mais dont une visite est déjà rapportée au XVIIIè siècle, on a percé un boyau d'accès, installé un funiculaire, cimenté des couloirs, aménagé des balcons et des passerelles. C'est ainsi que le "Pas du Diable" n'a rien d'infernal ni de périlleux.

On n'a qu'à contempler les grandes orgues, les colossales colonnes, les stalactites qui, à plus de cinquante mètres au-dessus des têtes, décorent la voûte. Les fées ne vont-elles pas revenir ?

vierge grotte demoiselles.jpgAu cours de la visite qui se déroule sur environ un kilomètre, on découvre la "salle à manger" qui rappelle le point de halte des explorateurs, on passe sous l'aven qui est l'entrée naturelle de la grotte et on aboutit dans la grande salle baptisée "cathédrale des abîmes". Elle a en effet tout d'une magnifique nef avec ses cinquante deux mètres de haut et près de cent vingt de long sur quatre-vingt de large. Et c'est en son centre que s'élève sur un piédestral une incroyable stalagmite drapée de calcite. Elle a pris la forme d'une statue de la vierge portant l'Enfant Jésus, ce qui lui a donné son nom. C'est assurément cette oeuvre de la nature qui a fait plus que tout la réputation de la Grotte des Demoiselles. Mais tant d'autres surprises vous attendent comme la reproduction de l'ours des cavernes qui vivait là il y a vingt mille ans. Songez que la grotte a servi de refuge aux camisards, aux prêtres réfractaires et à nos ancêtres de la préhistoire.

14/07/2008

LE CHEVAL DE CAMARGUE

Nul ne peut affirmer ses origines tant elles sont lointaines.

Sur le littoral marécageux, il est depuis toujours l'indispensable moyen de locomotion et l'inséparable compagnon du gardian qui le dresse dès son plus jeune âge pour travailler dans la manade, au milieu des taureaux. De petite taille - 1 m 40 au garrot - le cheval de camargue possède des membres robustes et de larges appuis qui lui confèrent une résistance à toute épreuve.

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