04.07.2008

AGDE, LA PERLE NOIRE

cathédrale agde.jpgLa belle Phocéenne a 2 qualités : une histoire riche et le sens de l'adaptation. Si sa vocation maritime a été déçue, elle est devenue aujourd'hui un site touristique de qualité.

"Agathe", la "bonne", est fondée par les Grecs d'Asie Mineure, les Phocéens.

Elle passe ensuite sous le protectorat de Rome avant d'être rattachée à la Narbonnaise première.

Barbares, Vandales, Wisigoths et Sarrasins la mettent à mal, avant que Charles Martel ne la rase ! Au Moyen Age, elle est sous la tutelle de Toulouse jusqu'au traité de Paris où le Languedoc doit se soumettre au Roi de France.

Elle est à nouveau détruite en 1286 pendant la guerre d'Aragon. Les guerres de religion la déchirent et la Révolution y déclenchera une insurrection populaire.

A cette histoire mouvementée s'ajoute une vocation perdue. Comptoir important pour les Phocéens, Agde est remarquée par Richelieu lors d'un séjour à Pézenas en 1629.

Il décide d'en faire un port maritime. Mais les travaux s'arrêtent à sa mort en 1642. Seule la jetée Richelieu témoigne de ce vaste projet. Aujourd'hui la mer s'est éloignée. Sète fait de l'ombre depuis longtemps et même les pêcheurs se font rares. Entre plages et histoire, le tourisme est devenu une manne providentielle.

Vous pouvez admirer la cathédrale fortifiée de St Etienne, l'ancien hôtel de ville du XVIIè siècle et l'église St Sever. Vous trouverez à l'hôtel de ville une règle en fer d'un mètre de long. Elle a été apposée là en l'an X pour que les commerçants puissent vérifier l'exactitude de leurs mesures.

La cathédrale de St Etienne divise les historiens : les uns pensent qu'elle est construite sur un ancien temple dédié à Diane, les autres ont une vision moins païenne. St Etienne aurait été construite sur les ruines d'une église chrétienne du Vème siècle, démantelée par Charles Martel. Il craignait qu'elle ne devienne un repaire pour les infidèles.

Elle fut reconstruite entre 848 et 872 avec du basalte du Mont Saint Loup. La cathédrale fut fortifiée en même temps que la ville au XIIème siècle sous le roi Louis VII Le Jeune. Elle abrite aujourd'hui des orgues de style baroque et un rétable du XVIIème siècle.

L'église Saint André est la plus ancienne de la ville. L'édifice actuel, construit sur des bases romanes, date de 1525.

Dans le musée agathois on retrace les temps préhistoriques jusqu'à nos jours. Les amphores, poteries et autres trouvailles de fouilles et de plongées côtoient des reconstitutions hautes en couleurs d'intérieurs agathois du siècle dernier.

En vous promenant sous les platanes de la ville, vous verrez le buste du corsaire agathois des rois Louis XIII et XIV, Claude Terrisse exhibant sa moustache conquérante ainsi qu'une fontaine, sous les vestiges des remparts grecs, celle de la "belle agathoise". La belle et le corsaire sont du même auteur, Auguste Baussan.

21.05.2008

LE VILLAGE de ST GUILHEM LE DESERT

418882974.jpgSi l'abbaye de Gellone est le fleuron de St Guilhem le Désert, le village qui date à peu près de la fondation monastique n'en est pas moins intéressant.

Sa forme linéaire suit en effet le cours du Verdus, ruisseau capricieux qui parfois disparaît pour réapparaître quelques dizaines de mètres plus loin. Un petit ruisseau qui alimente de nombreuses fontaines qui font le bonheur des visiteurs.

En amont de l'abbaye, on distingue donc le territoire de la paroisse Saint Barthélémy avec ses maisons villageoises et ses bâtiments agricoles qui mènent au cirque de l'Infernet. En aval se trouve le territoire de la paroisse de Saint Laurent.

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On peut découvrir plusieurs maisons à fenêtres géminées, dont une grande maison comportant des ouvertures datant de la Renaissance avec un linteau daté de 1568. Tour des Prisons et autres bâtisses viennent rappeler à tout moment jusqu'à la Place du Portal et l'ancienne église médiévale Saint Laurent, proches de la route, les origines du village considéré fort à raison comme "l'un des plus beaux villages de France"..

Au cours du XIXè siècle, le village en lui-même a subi peu de modifications. Les diverses municipalités en place se sont attachées à améliorer son image de marque : la plupart des réseaux (électricité et téléphone entre autre) ont été soit enterrés, soit judicieusement camouflés.

Depuis plusieurs décennies, des boutiques artisanales sont venues s'implanter sur le territoire de la commune principalement pendant la saison estivale. Certains artisans d'art se sont installés également à demeure comme par exemple un souffleur de verre, un sculpteur sur pierre et un santonnier.

De 500 habitants au début du XXè siècle, la population de Saint Guilhem le Désert est passée de 190 à 245 habitants de 1990 à 1999. Sans oublier la dizaine de carmélites non cloîtrées qui ont rendu à l'abbaye sa destination religieuse tout en gérant une maison d'accueil dans le village.

Depuis le 5 décembre 1998, l'abbaye de Gellone, le village, le chemin de Saint Jacques de Compostelle qui y transite et le Pont du Diable voisin, construit en 1030, sont classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Une juste récompense pour ce lieu de calme et de réflexion chargé d'histoire et de légende.132271016.jpg

16.05.2008

RESTAURATION de l'Abbaye de GELLONE

1361071404.jpgIl faudra attendre 1644 avec l'arrivée de la congrégation bénédictine de Saint Maur, pour que le monastère retrouve une vie religieuse régulière et que les bâtiments conventuels soient restaurés : cloître, chapître, réfectoire, cuisine, cellules en particulier.

Mais c'est en restaurant l'église que les nouveaux bénédictins retrouvèrent, en 1679, les reliques de Saint-Guilhem, disparues le siècle précédent. Cette découverte devait relancer le culte de Saint-Guilhem. Par la suite, les moines occupèrent l'abbaye jusqu'en 1790, date à laquelle leur communauté monastique se trouva réduite à 6 moines. L'église monastique devint alors la seule église paroissiale du village, l'église Saint-Barthélémy ayant été détruite en 1783 par Mgr. de Fumel, évêque de Lodève, lors de l'élargissement des voies d'accès au monastère pour son carrosse. Mais 8 ans avant le départ des moines, l'abbaye s'était enrichie d'un orgue construit par le facteur Jean Pierre CAVAILLE.

Lors de la Révolution, un inventaire des meubles et effets trouvés dans l'abbaye fut dressé en mai 1790. Il concernait surtout l'orfèvrerie, les reliquaires, les tableaux et les livres de la bibliothèque. En 1791, les habitants de Saint-Guilhem arrivèrent pourtant à sauver les reliques les plus précieuses : les fragments de la Vraie Croix et les ossements de Saint Guilhem.

Quant aux bâtiments monastiques, ils furent vendus comme Biens Nationaux. C'est ainsi que dans les murs on vit s'installer une filature de coton, puis une tannerie, tandis que les habitations prenaient place dans les anciens bâtiments conventuels situés autour du cloître qui avait été dépecé dès le début du XIXè siècle. C'est alors qu'une grande partie des sculptures du cloître fut dispersée à Saint-Guilhem et alentours, ou acquise par des particuliers, dont le juge de paix à Aniane.

Au début du XXè siècle, de nombreuses sculptures furent achetées par le sculpteur américain, George Grey Barnard , lequel les céda à son tour au Musée des Cloîtres de New York où l'on peut toujours aller les admirer. Depuis 1910, la plus grande partie des bâtiments conventuels appartiennent à l'Association Diocésaine de Montpellier, laquelle, avec l'aide de l'Etat, des institutionnels et de la commune de Saint-Guilhem Le Désert, a entrepris depuis les années 50 de nombreux travaux d'entretien et de restauration.

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