Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2010

LE HAUT LANGUEDOC (4)

saint_pons.jpgOLARGUES.jpgCols et vallées sont les lieux de passage privilégiés des échanges entre plaines et montagnes. Ici, les cols de Font-Froide et du Cabaretou sont des emplacements stratégiques. Sur les voies qui y passent se sont créées des villes importantes : Saint-Pons-de-Thomières et Olargues.

Depuis la nuit des temps, un réseau de voies de communication s'est développé dans cette terre-carrefour. A travers les âges, elles se recoupent souvent.

Au néolithique, les hommes pratiquent la transhumance. Les drailles qu'ils empruntent ont été fréquentées par les troupeaux jusqu'à ce siècle. Les témoignages de cette période abondent. Dans la région de Saint-Pons, quelques gisements riches en industrie osseuse ont valu à la civilisation locale d'être baptisée le Saint-Poniens. Les statues-menhirs dont une centaine ont été recensés dans le Haut-Languedoc, les plus beaux se trouvant dans le Tarn. Ce sont aussi les dolmens et les cupules creusées dans des dalles. Elles auraient été utilisées pour des offrandes liquides liées au culte auquel seraient mêlés les dolmens. Il existe aussi de nombreux vestiges d'un art dit schématique. Ce sont des gravures piquetées dans la roche. Elles représentent généralement des pieds ou des bonhommes stylisés.

25/02/2010

LE HAUT LANGUEDOC (3)

D'accès plus facile, le Somail continue à vivre. C'est une zone agricole et forestière où feuillus et résineux sont largement exploités. Là commence le pays des lacs. Le lac de Vézoles et le lac de la Raviège, près de la Salvetat-sur-Agout, ont été créés au milieu du siècle dernier par EDF.

ORB.jpgLes principales vallées sont celles de l'Orb et du Jaur qui courent vers la Méditerranée. La vallée de la Mare fixe les limites nord du Parc et sépare les Monts d'Orb de l'Espinouse. L'Agout prend naissance sur l'Espinouse et coule vers le Tarn.

La vallée de l'Orb est sous influence méditerranéenne, ce qui vaut à Roquebrun l'appellation de "Petit Nice". On y trouve des orangers aussi bien que des Mimosas et ce village pittoresque possède un jardin méditerranéen ouvert au public.

Les vallées de l'Orb et du Jaur sont aussi le pays des cerises. Cette culture est une tradition quasi centenaire, couronnée par la fête de la cerise au mois de mai.

20/02/2010

LE HAUT LANGUEDOC (2)

sécadou.jpgVous trouverez au Caroux les vestiges de nombreux "sécadous", petites bâtisses où l'on séchait et fumait les châtaignes pour les conserver. St Pons de Thomières a renoué, depuis plusieurs années, avec son passé en instaurant, le dernier dimanche d'octobre, la fête de la châtaigne.

L'Espinouse était un plateau agricole. D'accès peu facile, il a beaucoup souffert de la désertification. Les forêts de hêtres et de résineux le disputent aux frîches et à quelques cultures et pâturages. La reforestation intense n'a pas facilité d'éventuels retours à la terre.

chataignes.jpgLe massif du Caroux-Espinouse était forestier. L'agriculture, les verriers, grands consommateurs de bois, vinrent à bout des arbres. A la fin du XVIIème-XIXème siècle, ils avaient disparu, laissant la place aux landes et pelouses. Entre autres conséquences, des inondations désastreuses survinrent. Il s'ensuivit une grande période de reboisements, tel celui de la forêt des écrivains-combattants. Tout en luttant contre l'érosion, ces chantiers occupèrent la jeunesse après-guerre. Le retour des forêts marque celui des grands cervidés. Le plus célèbre a été introduit à partir de 1956. Il s'agit du mouflon.

17/02/2010

LE HAUT LANGUEDOC (1)

Mont Caroux.jpgLe Haut Languedoc héraultais est un petit bout de terre à géométrie variable.

Le Somail, l'Espinouse et le Caroux y tiennent la maîtresse place.

Certains y ajoutent ce que l'on appelle généralement Haut-Cantons, Les Monts d'Orb, l'Escandorgue et même un bout du causse du Larzac.

Le Haut Languedoc comprend le Somail et le massif du Caroux-Espinouse, séparés des Avant-Monts par le sillon des rivières de l'Orb et du Jaur. C'est le dernier soupir des Cévennes méridionales, généralement présenté comme le balcon du Massif Central sur la Méditerranée. Ce territoire constitue la portion héraultaise du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc.

Cette zone de moyenne montagne se distingue par sa diversité. Climatique tout d'abord, car influences atlantiques et méditerranéennes s'y affrontent. Géologique ensuite et enfin biologique avec un large éventail faunistique et floristique. Le Haut Languedoc n'est pas en reste du point de vue historique. L'homme a façonné les paysages. De tout temps, il a traversé ou occupé les lieux. Les témoignages abondent de la Préhistoire à des époques plus récentes.

Les Avant-Monts correspondent au nord du Minervois. Leur versant atlantique, incliné sur l'Orb et le Jaur, est forestier. Leur versant méditerranéen héberge sur ses côteaux calcaires des crus renommés : les AOC Faugères et Saint-Chinian parmi lesquels les huit terroirs de Berlou.

Le massif du Caroux-Espinouse est la montagne proprement dite. C'est la zone la plus renommée, celle qui attire grimpeurs et randonneurs. Son altitude culmine à 1 146 mètres. Le Caroux est un pays de gneiss, cette roche dure qui donne une belle prise aux alpinistes. Elle forme des parois et des aiguilles qui donnent au paysage des airs de haute montagne. Ces pitons dominent les gorges d'Héric et de Colombières. Le Caroux, autrefois consacré aux cultures et à l'élevage, est maintenant un pays de landes où dominent la bruyère et le genêt. Ses flancs sont recouverts par les châtaigniers qui disputent le terrain au chêne vert. La châtaigne fut longtemps la base de l'économie.

10/02/2010

LE SEL MARIN (3)

Le sel se vend ou s'échange. Par exemple, les morutiers échangent le sel nécessaire aux salaisons contre des poissons.

C'est ainsi que la morue a fait son apparition dans la cuisine méditerranéenne. Mieux, mariée à l'huile d'olive, elle a donné naissance à la spécialité nimoise, la brandade de morue.

PEYRIAC SUR MER.jpgLes salins de peccais fournissent une autre spécialité régionale, le fromage de Roquefort. Au XIXème siècle, un propriétaire de caves de Roquefort, Rigal, possède également des salins. En pleine expansion, les salins s'organisent. En 1716, les propriétaires se rassemblent au sein d'une société unique. L'exploitation devient commune et la récolte partagée sous la surveillance d'un syndic.

La Révolution française ouvre une parenthèse en faisant des salins de Peccais une propriété nationale. Elle sera vite refermée avec leur restitution sitôt la Révolution terminée. Seuls les biens d'Eglise, salins de l'Abbé et de St Jean, resteront biens d'Etat.

En 1833, l'Etat accorde un privilège aux employés des salins : ils ont le droit, sous l'oeil attentif des douaniers, de rouler à même le sel les anguilles recueillies dans les roubines. Une autre ressource naturelle est utilisée sur place : la sagne qui sert à recouvrir pour la protéger la camelle, c'est à dire la récolte en tas.

Le Rhône déborde en 1840 et en 1842, provoquant des inondations désastreuses. Pour faire face, les propriétaires se rapprochent d'un négociant montpelliérain qui vient de racheter les anciens salins de l'Eglise. Ils emploient à cette époque pour la récolte 2 à 3 000 personnes venant des villages voisins, de Nimes et des Cévennes. Cela ne va pas sans problème et une troupe détachée des garnisons de Nimes ou Montpellier est parfois nécessaire pour faire régner l'ordre.

La diversification est déjà de mise. A Aigues Mortes, la vigne est plantée depuis longtemps. La garance va la côtoyer. Les racines de cette plante donnent une teinture précieuse. Les colorants chimiques la chasseront définitivement du Midi vers 1880. En 1856, propriétaires et négociants constituent une société anonyme, la "Compagnie des Salins du Midi". Elle donnera corps à la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l'Est, premier producteur de sel français. Une autre histoire commence.

 

07/02/2010

LE SEL MARIN (2)

SALINS AUDE.jpgEn 1546, Peccais gagne un voisin : le salin de Saint Jean, construit par les Chevaliers de l'Ordre de Saint Jean. L'enclos de Peccais comprend dix sept salins à la fin du XVIIème siècle.

Leur essor est favorisé par l'accroissement de la consommation du sel que connaît la France au XVIIIème siècle et pour deux siècles encore. Le sel de Peccais alimente le Bas-Languedoc, l'Auvergne, le Rouergue, le Lyonnais, la Bourgogne et la Bresse. Il s'exporte vers la Savoie et la Suisse. Avant 1790, Aigues Mortes et Peyriac dans l'Aude sont les points de départ languedociens des expéditions de sel par terre. La route du sel mène au Rouergue d'où le voiturier redescend des toiles achetées aux foires de Monnastier et Najac. Elles servent à confectionner les sacs de sel. Lyon et Toulouse sont également desservies.

A la même époque, l'accès au Port d'Aigues-Mortes est amélioré. Trois cents bateaux sont recensés en 1848. Ils arrivent d'Espagne chargés de poissons salés, de liège, de bonbons, de fruits et de légumes ou des Baléares avec des oranges et des citrons. Naples envoie des futailles, Gênes de l'huile d'olive. Les navires repartent avec des verreries et poteries de grès cévenoles, des tissus de Nimes et du sel de Peccais destiné surtout aux ports méditerranéens.

04/02/2010

LE SEL MARIN (1)

L'homme ne peut pas vivre sans sel. Celui-ci fait partie de ses besoins alimentaires et de ceux du bétail. Il a appris depuis la nuit des temps à l'utiliser pour conserver les aliments et tanner les peaux.

Le sel a pris très tôt une importance capitale dans les échanges commerciaux. Indispensable, il devint la manne de l'Etat qui le taxa longtemps et la proie des pirates, bandits et contrebandiers. Sel, soleil et salins, tout était en place pour faire du littoral du Languedoc-Roussillon un espace salinier d'exception.

salins de peccais.jpgLes salins gardois de Peccais, tout près d'Aigues Mortes, sont les plus anciens salins de la Méditerranée. Ils datent officiellement de Charlemagne. En fait, ils sont probablement d'origine romaine. Leur nom serait l'héritage d'un "ingénieur" romain, Peccius, chargé d'organiser la production de sel au début de l'ère chrétienne. Entre le IXème et le XIIème siècle, les salins de Peccais jouent un rôle important dans les échanges avec Asti, Pise, Gênes, Nice, la Sicile ou Venise.

Le sel est surtout utilisé pour conserver les aliments, en particulier le poisson.

Au XIIème siècle, les salins appartiennent aux moines de Psalmody et aux seigneurs d'Uzès et d'Aimargues. Le territoire d'Aigues Mortes est cédé à Saint-Louis en 1248. Le port est le point de départ des Croisades. Les moines de Psalmody construisent alors le salin de l'Abbé.

En 1284, ils s'entendent avec le Seigneur d'Uzès pour établir des mesures communes. Les choses se compliquent bientôt : les seigneurs d'Uzès inféodent les salins à divers personnages avant de les échanger à Philippe le Bel contre les châteaux et villages de Pouzilhac et de Saint- Martin-de-Jonquières ainsi que la baronnie de Remoulins.

23/01/2010

LE LITTORAL DU LANGUEDOC ROUSSILLON

vue satellite.jpgAigues Mortes, Maguelone, Agde ont vu partir les soies, le sel et les Croisés, passer papes et troubadours, entrer des rois et des pirates.. avant de disparaître, enlisés. Le sable a figé les pages du livre d'Histoire. Pourtant, c'est lui qui a redonné un essor à ce littoral dédaigné en se transformant depuis une quarantaine d'années en poussière d'argent. Il représente une source de revenus essentielle dans l'économie régionale jusque là vouée à la pêche, à la viticulture et au sel. Tout commence le 18 juin 1963 avec la mission interministérielle baptisée Racine, du nom de son président. Le littoral est dévolu au tourisme et on va lui en donner les moyens : routes, ports, démoustication, reboisement et assainissement des stations...

A l'époque, le Languedoc-Roussillon n'a pas de port de plaisance. Aujourd'hui, il en compte 18. Les ports constituent une chaîne avec une distance maximale de 10 miles entre les maillons. La Grande-Motte et le Cap-d'Agde démarrent "l'ère des bâtisseurs". Le Gard suivra avec l'ouverture du plus grand port de plaisance d'Europe, Port-Camargue. Aux portes de Montpellier, la station de Carnon s'installe à l'embouchure du Lez. L'Aude n'est pas en reste avec Port-Leucate, Gruissan et Port-Barcarès. Saint Cyprien est le maillon pyrénéen. D'autres ports se sont greffés sur des stations déjà existantes comme Argelès-sur-Mer ou Palavas les Flots. Narbonne-Plage ou Valras-Plage ont perpétué une tradition de cabanons avant de devenir de vrais ports de plaisance.

palavas les flots.jpgRestent les ports de pêche ou de commerce où des mouillages sont réservés aux plaisanciers. C'est le cas de Port-la-Nouvelle, Port-Vendres ou Sète.

Les stations balnéaires rivalisent d'animations programmées tout au long de l'été. Côté mer, avec des courses nautiques devenues classiques, ou côté terre avec des festivals de folklore, des carnavals, des concerts... Les traditions respectées ou détournées sont un autre point fort : joutes, bouvine, fêtes de village...

plage palavas.jpgCar le tourisme côtier inverse la vapeur. Après un aménagement et une urbanisation excessifs, il revient à la mise en valeur du patrimoine. Les mentalités ont évolué et le tourisme tel qu'il était il y a 35 ans n'a plus guère de succès. Les vacanciers recherchent davantage d'authenticité. L'arrière pays en bénéficie par le tourisme vert. Et puis, le littoral ne sort pas indemne de ces 40 ans. Il faut dire que l'environnement n'est pas une préoccupation d'actualité quand démarre la mission Racine. La première loi arrive en 1976 et déclare non constructible la zone des cent mètres côtiers. La loi littoral apparaît seulement en 1986. Elle a ses limites et ne déclenche pas une prise de conscience générale. Les étangs sont aussi malmenés. Ils forment un éco-système très riche mais particulièrement sensible. Piliers de l'économie locale, ils nourissent depuis la nuit des temps pêcheurs, ostréiculteurs et saliculteurs. Pourtant, ils ont subi les derniers outrages : bétonnage, déversement des eaux usées, proximité des décharges... Un certain nombre sont devenus des réserves naturelles. Mais la protection des autres n'a pas fini de soulever des polémiques. Quant aux dunes, elles s'étendaient de façon quasi continue avant 1960. La pêche n'a aucune influence sur leur santé. Mais la route côtière, la création ou l'extension des stations balnéaires, les parkings et le tourisme de masse leur portent considérablement préjudice. La nature bousculée ne manque pas de rappeler ses droits, comme par exemple lors des grandes tempêtes de 1982. Ce sont elles qui donnent l'alerte : le lido est menacé. L'enjeu économique rejoint alors l'urgence naturaliste : il faut restaurer le cordon dunaire. Des ganivelles de châtaigniers sont utilisées pour réhabiliter la plage et édifier les dunes. Le remède est bien tardif et n'empêche pas la côte de reculer chaque année.

Mais le sable piégé reforme des dunes et rend aux plages leur profil naturel. Et les ganivelles font désormais partie de nos paysages côtiers.

05/01/2010

LES CABANES DE L'ETANG DE L'OR

cabanes_de_lansargues.jpgL'eau affleure dans les marais. Les pluies ont noyé les triangles et les joncs.

Des échasses aux pattes rouges fouillent la vase.

Au bout du chemin défoncé, brille l'étang de l'or.

Quatre baraquettes bordent un canal. Ce sont les cabanes de Lansargues. Personne n'y vit mais derrière les terres humides, au coeur même du village, veille la mémoire des cabaniers.

Autrefois, une mer intérieure, dite la mer de Pline, s'étendait entre Narbonne et Beaucaire. La région a toujours été habitée car elle offrait de multiples richesses mais les habitants se retranchaient dans des camps fortifiés. Il y avait des raids de pirates d'Afrique du Nord et d'Espagne. Les gens exploitaient les marais et parfois finissaient esclaves à Barcelone ou en Afrique. C'est la raison pour laquelle il n'y avait pas de construction au bord de la mer mais de nombreux forts à PALAVAS, au Grand Travers.

cabanes lansargues.jpgDes abris temporaires servaient de refuge occasionnel aux hommes qui exploitaient cette bande côtière. C'étaient des prédateurs qui pratiquaient la chasse, la pêche, la cueillette. Ils récoltaient les herbes des marais pour les troupeaux.

La prise d'Alger en 1830 met fin aux razzias. Les habitants renforcent les abris. Chacun eu le sien. C'étaient des cabanes. Partout ailleurs, il y avait la propriété mais, ici, cette notion était lâche. Ils réparaient une barrière quand ils avaient le temps. Sur leurs terres chassait qui voulait sauf quand il y avait les troupeaux de moutons. On n'y vivait pas mais les gens assez rupins prenaient le chemin des cabanes en fin de semaine avec le cheval et la carriole et, à la tombée de la nuit, ils se postaient à l'affût dans les marais et se racontaient des blagues. Car qui dit cabane, dit chasse. La chasse traditionnelle a été abandonné après la 2ème guerre mondiale pour des chasses plus lucratives venues du Nord. On utilisait alors des appelants au lieu des appeaux en liège.

Le rabataire ou negachi est le plus petit des bâteaux à fond plat nécessaire pour naviguer sur les étangs peu profonds. Son occupant peut utiliser les rames mais surtout des perches en bois appelées partègne ou rouquet. Ce dernier se termine par une fourche à 2 dents en fer scellées au plomb pour mieux couler. Car le rouquet disparaît sous l'eau. Le chasseur le maintien d'une main couché au fond du negachi. il rabale ainsi, invisible et silencieux, vers un escapoulon de macreuses (groupe de foulques languedociennes). Pour rabaler, on met de la graisse de cochon sur les mains pour le froid. Avec un fusil à sept coups, il fallait tirer tant qu'il restait des cartouches. A cette époque, il y avait du gibier. L'étang de l'or nourrissait 250 familles. Aujourd'hui, il en reste très peu.

Jusqu'à la fin des années 60, l'étang de l'or était réputé pour ses battues aux macreuses. Dès le moins d'octobre, plusieurs milliers de ces oiseaux arrivaient sur l'étang pour y séjourner une partie de l'hiver. Traditionnellement, les battues avaient lieu tous les dimanches matin. Embarqués sur leurs négafols, les chasseurs tentaient d'approcher à la partègue ou à la rame (le moteur était interdit) l'escapouillon de macreuses qui stationnaient au milieu de l'étang. Après une approche longue et fastidieuse, la plupart des oiseaux se levaient hors de portée des fusils et franchissaient le cordon littoral pour gagner la mer d'un envol rectiligne. Aujourd'hui, l'étang de l'or trop salé est moins attrayant pour les foulques.

23/12/2009

LA CITE DES SAMNAGENSES

Murviel oppidum castellas.jpgLe nom de la ville romaine qui occupe la colline du Castellas à Murviel a été retrouvé, enfin presque.

Ni le nom actuel du village, ni les textes anciens, ni les inscriptions antiques retrouvées jusque là n'apportaient pas d'indications probantes. Un texte antique avait été lu et relu maintes fois : l'Histoire Naturelle écrite par PLINE l'ANCIEN qui dresse après le milieu du 1er siècle après J.C. une liste des villes romaines de la Narbonnaise, la province romaine dans laquelle est inclus le territoire actuel du Languedoc Roussillon. Mais, impossible de savoir si Murviel se trouve dans la liste des villes autonomes que nomme l'auteur ou si elle fait partie des 24 oppida attribués quelques années avant l'ère chrétienne à la puissante ville de NIMES et dont PLINE ne livre pas les noms. Impossible d'en savoir plus sans nouvelle découverte archéologique.

Les travaux de l'équipe de fouille vont alors fournir de nouveaux indices en deux temps :

Premier épisode : la découverte en 2008 de la "table de mesure" qui livre une inscription du 1er siècle après J.C. qui mentionne un édile, Caius Maselius secandus. La ville avait donc toujours ses propres magistrats après l'attribution des 24 oppida à NIMES. Elle fait donc partie de la dizaine de noms de villes autonomes que mentionne PLINE L'ANCIEN et qui ne sont pas encore localisées. L'étau se resserre autour de cette liste réduite.

Deuxième épisode : la découverte en 2009 d'un fragment qui vient compléter une inscription dont les éléments sont mis au jour régulièrement depuis 20 ans sur le secteur de la place monumentale. Cette inscription commence à pouvoir être déchiffrée, comme un puzzle dont on ajouterait une pièce quasiment chaque année. Elle relate la carrière politique d'un citoyen romain ayant effectué des réalisations importantes pour la ville antique de Murviel sur la place monumentale sans doute.

Or, si l'on se réfère à d'autres inscriptions de ce type trouvées dans d'autres villes antiques, le texte doit se terminer par le nom du peuple pour qui ce personnage a fait des réalisations publiques. A cet emplacement, sur la stèle encore incomplète, il n'y a pas de nom entier, mais trois fragments indiquant  (M)NA...ENSIBUS.

Le nom du peuple de la ville romaine doit donc comporter ces lettres. Dans la liste de PLINE un seul nom est alors possible : SAMNAGENSIBUS.

La ville antique qui couvre la colline du Castellas est donc la ville des Samnagenses, un peuple gaulois dont on ne connaît par ailleurs que peu de choses : quelques monnaies trouvées notamment à Murviel, une autre inscription trouvée à Montarnaud, une autre encore mentionnée à Nimes mais dont on a perdu la trace. Il s'agit du nom du peuple dont Murviel devait être la capitale et dont le territoire couvrait sans doute une partie de celui de l'agglomération actuelle de MONTPELLIER.